Dans un appel urgent: 22 personnalités de la gauche disent à Youssef Chahed ses quatre vérités
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يوم 19 سبتمبر 2016

Des personnalités de la gauche tunisienne ont exprimé leur position à l’égard du nouveau gouvernement de Youssef Chahed.
 
Dans un appel signé par Amira Aleya Seghayer, Wassim Jday, Nabil Azzouz, Samira Ben Kaddour Belkadhi, Salah Zeghidi, etc, les signataires ont estimé que le gouvernement présidé par Youssef Chahed est et sera en réalité celui du duo SEBSI / Ghanouchi, et qu’il n’ira pas très loin.
 
Ils ont part ailleurs souligné que le gouvernement de Youssef Chahed, constitué dans le cadre de calculs sordides, de compromissions, d’alliances contre-nature ne pourra pas faire sortir la Tunisie de la crise économique, sociale et maintenant politique dans laquelle elle s’est enfoncée.
 
Nous vous transmettons l’appel dans son intégralité:
Le G.U.N : Un gouvernement de gestion, et non de solution de la crise.
 
Le Gouvernement dit d’union nationale, constitué le 26 Août 2016 , jour de son intronisation par L’Assemblée avec une majorité numériquement très confortable, n’a pas soulevé l’enthousiasme des citoyen(ne)s, c’est le moins qu’on puisse dire…
 
Les conditions dans lesquelles il a été constitué, avec les tractations, les manœuvres et les calculs qui ont accompagné le processus laborieux de sa constitution, ajoutées – avec la présence parmi ses membres d’un homme appartenant à la gauche – aux alliances contre- nature, tout cela ne donne guère beaucoup de crédibilité à un tel gouvernement, qui donne l’impression d’être un simple « remake » du gouvernement de Habib Essid, remercié avec les applaudissements par l’ARP, qui ne craint plus le ridicule !…
 
Les circonstances qui ont accompagné des semaines durant le processus laborieux de la constitution de ce gouvernement prétendument d’union nationale, confirment s’il en était besoin, à quel point notre pays vit, non plus seulement une crise économique et sociale profonde et qui s’aggrave d’année en année depuis 6 ans, mais aussi, et de plus en plus une crise politique qui se confirme et s’approfondit de jour en jour…
 
Le système politique qui s’est construit et imposé depuis le 14 Janvier 2011 n’a pas réussi à initier et développer une vie politique démocratique, pluraliste qui permette au peuple tunisien, à ses élites et à ses électeurs et électrices de participer à la construction de la 2è République qui rompe de façon effective avec le despotisme, ses valeurs et ses pratiques répressives et anti-démocratiques, mais qui n’ouvre pas grandes ouvertes les portes à un despotisme d’essence théocratique, obscurantiste et encore plus rétrograde et réactionnaire que celui dont la Tunisie s’est débarrassée le 14 janvier 2011…
 
Dans la démocratie dont la Tunisie d’après le 14 janvier a besoin, l’action politique se doit de se mettre exclusivement au service de la chose publique, et de se fonder sur des principes et des valeurs qui ne laissent aucune place à l’hypocrisie et au double langage, aux calculs sordides, aux alliances contre-nature, à l’argent politique, aux groupes de pression et aux pratiques mafiotiques…
 
Le prétendu gouvernement d’union nationale que l’on vient de nous offrir à l’occasion du 3è anniversaire de I3tissam Erra7il est le pur produit de cette crise politique profonde..
 
Avec plusieurs de ses membres appartenant à Nahdha, et d’autres à un NIDA profondément divisé, avec un ministère important attribué à un laudateur enthousiaste de Ben Ali à quelques semaines de sa chute, avec un membre venu de la gauche mais qui n’ajoutera rien à la crédibilité de ce gouvernement, le gouvernement présidé par Chahed, mais qui est et sera en réalité celui du duo SEBSI / Ghanouchi, n’ira pas très loin..
 
Entré en fonction il y a maintenant deux semaines, AUCUNE DECISION D’ENVERGURE N’A ÉTÉ ANNONCÉE , alors que sur plusieurs questions /clés, il y a EXTREME URGENCE : Le Chômage , le développement régional, la chute vertigineuse du dinar, la hausse des prix, le dossier des Caisses de Sécurité Sociale, celui de nos hôpitaux et du secteur de la Santé de manière générale, pour ne parler que de ceux-là !
 
Il est clair que ce n’est pas d’un gouvernement constitué dans le cadre de calculs sordides, de compromissions, d’alliances contre-nature, et tout cela dans le cadre d’une soumission aux diktats du FMI, de la Banque Mondiale et des instances financières internationales, qu’il faut s’attendre à ce que la Tunisie sorte enfin de la crise économique, sociale et maintenant politique dans laquelle elle s’est enfoncée…
 
Un groupe de militant(e)s de gauche 
 
Amira Aleya Seghayer – Wassim Jday – Nabil Azzouz – Samira Ben Kaddour Belkadhi – Hamadi Ben Yahia- Rafika Gharbi – Salah Zeghidi – Salah Horchani – Alamine Charni- Samira Trabelsi – Melika Hentati – Leila Chebbi – Nozha Skik – Aymen Hacen – Mehdi Abdeljaouad – Salem Ounaiès – Mohamed Salah Fliss – Houcine Ghali – Besma Triki – Imen Bechraoui – Moncef Ghanmi – Farhat Raddaoui –

 

المصدر: الجمهورية

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